Les filles aux mains jaunes à la Scène Libre, à 19h tout le mois de septembre
Les filles aux mains jaunes : une étincelle qui ne doit pas s’éteindre
Du mercredi au samedi à la Scène Libre à 19h, la Compagnie en suspend interprète les filles aux mains jaunes, un texte fort signé Michel Bellier, une mise en scène épurée d'Alexandre Liebe, et une interprétation époustouflante.
Du mercredi au samedi à la Scène Libre à 19h, la Compagnie en suspend interprète les filles aux mains jaunes, un texte fort signé Michel Bellier, une mise en scène épurée d'Alexandre Liebe, et une interprétation époustouflante.
Nous sommes en pleine Première Guerre mondiale. Les hommes sont au front. Dans les usines, les femmes fabriquent des obus pour la guerre, mais elles sont aussi en train de faire naître, sans forcément le mesurer encore, une autre bataille : celle de leur propre émancipation.
Nous faisons la connaissance de Jeanne, Rose, Julie et Louise, quatre femmes d’horizons différents qui, au départ, n’ont pas grand-chose en commun. Jeanne est revancharde. Julie rêve d’amour. Rose découvre les idées des suffragettes. Et Louise, écrivaine et militante, va progressivement faire naître chez les trois autres une idée qui va changer leur regard sur elles-mêmes : elles peuvent être libres, travailler, gagner leur propre argent, décider, avoir une vie qui ne dépend pas nécessairement d'un homme. Et surtout, elles découvrent qu'ensemble, elles sont plus fortes. Le personnage de Louise est essentiel. Elle est celle qui fait entrer dans l'usine les idées féministes et qui oblige les autres à s'interroger. Rose, Jeanne et Julie vont être bousculées par ses paroles. Elles vont commencer à questionner ce qu'elles considéraient jusque-là comme normal : la place des femmes, leur dépendance, leur absence de droits, leur avenir.
Dans l'usine, les chaussures ferrées sont interdites. Une étincelle pourrait provoquer une explosion. Mais finalement, c'est bien une autre étincelle qui va naître dans cette usine. Une étincelle de liberté. Une étincelle de solidarité. Une étincelle féministe.
Et c'est peut-être ce qui m'a le plus touchée dans cette pièce : l'émancipation ne commence pas forcément par une révolution. Elle peut commencer par une conversation. Par une rencontre. Par une femme qui dit à une autre : "Et si tu avais le droit de choisir ?"
Et aujourd'hui ?
C'est là que la pièce prend, pour moi, une résonance toute particulière. Car plus d'un siècle après Jeanne, Rose, Julie et Louise, sommes-nous vraiment arrivés au bout du chemin ? Évidemment, les droits des femmes ont considérablement progressé. Mais ils restent fragiles. Et surtout, les violences sexistes et sexuelles continuent.
Tous les lundis de juin 2026, je me suis personnellement engagée dans la mobilisation autour de la loi intégrale contre les violences sexistes et sexuelles faites aux femmes et aux enfants en allant devant le Ministère de la Justice à Paris, Place Vendôme, y compris le jour de mon anniversaire ! J'ai marché de la Bastille à la place de la Nation le samedi 4 juillet, contre les violences sexistes et sexuelles faites aux femmes et aux enfants. Nous étions 100 000 ! (nous partîmes 1 000 le 8 juin)
Et aujourd'hui, lundi 7 septembre 2026, cette mobilisation franchit une nouvelle étape : la proposition de loi commence son parcours à l'Assemblée nationale, au sein d'une commission spéciale. Le texte doit ensuite être examiné dans l'hémicycle au début du mois d'octobre. Je serai Place Vendôme ce soir à 19h, parce qu'on ne lâche rien.
Je me suis demandé ce que Louise aurait pensé de notre époque. Elle aurait probablement été heureuse de voir tout ce que les femmes ont obtenu. Mais je crois qu'elle aurait aussi continué à se battre. Parce que le féminisme n'est pas un combat qui se termine lorsque l'on obtient un droit. C'est un combat qui consiste aussi à défendre les droits acquis et à continuer à en conquérir de nouveaux.
Les différentes affaires récentes ont montré combien les violences sexuelles restent profondément ancrées dans notre société. Alors oui, il faut continuer à parler. Continuer à témoigner. Continuer à se mobiliser. Continuer à transmettre.
Finalement, ce samedi soir, je n'ai pas seulement emmené ma fille voir une pièce sur la Première Guerre mondiale. Je lui ai raconté une histoire de femmes. L'histoire de celles qui, avant elle, ont commencé à faire bouger les lignes. Et peut-être qu'un jour, à son tour, elle racontera cette histoire à quelqu'un d'autre.
La Scène Libre
4, boulevard de Strasbourg, Paris 10e
Nous faisons la connaissance de Jeanne, Rose, Julie et Louise, quatre femmes d’horizons différents qui, au départ, n’ont pas grand-chose en commun. Jeanne est revancharde. Julie rêve d’amour. Rose découvre les idées des suffragettes. Et Louise, écrivaine et militante, va progressivement faire naître chez les trois autres une idée qui va changer leur regard sur elles-mêmes : elles peuvent être libres, travailler, gagner leur propre argent, décider, avoir une vie qui ne dépend pas nécessairement d'un homme. Et surtout, elles découvrent qu'ensemble, elles sont plus fortes. Le personnage de Louise est essentiel. Elle est celle qui fait entrer dans l'usine les idées féministes et qui oblige les autres à s'interroger. Rose, Jeanne et Julie vont être bousculées par ses paroles. Elles vont commencer à questionner ce qu'elles considéraient jusque-là comme normal : la place des femmes, leur dépendance, leur absence de droits, leur avenir.
Dans l'usine, les chaussures ferrées sont interdites. Une étincelle pourrait provoquer une explosion. Mais finalement, c'est bien une autre étincelle qui va naître dans cette usine. Une étincelle de liberté. Une étincelle de solidarité. Une étincelle féministe.
Et c'est peut-être ce qui m'a le plus touchée dans cette pièce : l'émancipation ne commence pas forcément par une révolution. Elle peut commencer par une conversation. Par une rencontre. Par une femme qui dit à une autre : "Et si tu avais le droit de choisir ?"
J'ai pris le parti d'emmener ma fille Marie, 14 ans, voir cette pièce. Elle a étudié la Première Guerre mondiale l'année dernière en classe de 3ème. Elle connaît les dates, les batailles, les tranchées, les millions de morts. Mais l'Histoire ne se résume pas aux hommes qui combattent dans les tranchées. La guerre a aussi changé la place des femmes. Et surtout qu'elle puisse comprendre que les droits dont elle bénéficie aujourd'hui ne sont pas tombés du ciel. Ils ont été conquis. Par des femmes qui ont parlé. Par des femmes qui ont manifesté. Par des femmes qui ont refusé. Par des femmes qui se sont battues ensemble.
Bien sûr, il faudra encore des décennies de combats pour que les femmes obtiennent davantage de droits. Mais quelque chose est né. Et cette étincelle, plus d'un siècle plus tard, brûle encore.
Bien sûr, il faudra encore des décennies de combats pour que les femmes obtiennent davantage de droits. Mais quelque chose est né. Et cette étincelle, plus d'un siècle plus tard, brûle encore.
Et aujourd'hui ?
C'est là que la pièce prend, pour moi, une résonance toute particulière. Car plus d'un siècle après Jeanne, Rose, Julie et Louise, sommes-nous vraiment arrivés au bout du chemin ? Évidemment, les droits des femmes ont considérablement progressé. Mais ils restent fragiles. Et surtout, les violences sexistes et sexuelles continuent.
Tous les lundis de juin 2026, je me suis personnellement engagée dans la mobilisation autour de la loi intégrale contre les violences sexistes et sexuelles faites aux femmes et aux enfants en allant devant le Ministère de la Justice à Paris, Place Vendôme, y compris le jour de mon anniversaire ! J'ai marché de la Bastille à la place de la Nation le samedi 4 juillet, contre les violences sexistes et sexuelles faites aux femmes et aux enfants. Nous étions 100 000 ! (nous partîmes 1 000 le 8 juin)
Et aujourd'hui, lundi 7 septembre 2026, cette mobilisation franchit une nouvelle étape : la proposition de loi commence son parcours à l'Assemblée nationale, au sein d'une commission spéciale. Le texte doit ensuite être examiné dans l'hémicycle au début du mois d'octobre. Je serai Place Vendôme ce soir à 19h, parce qu'on ne lâche rien.
Ce texte est particulièrement important parce qu'il porte une ambition globale : ne pas seulement intervenir une fois que les violences ont eu lieu, mais agir sur la prévention, l'éducation, le repérage, la protection, l'accompagnement des victimes et la justice. Parce qu'une loi sans moyens peut rester une promesse. Et parce que derrière les textes, les chiffres et les débats parlementaires, il y a des femmes et des enfants. Des vies.
Je me suis demandé ce que Louise aurait pensé de notre époque. Elle aurait probablement été heureuse de voir tout ce que les femmes ont obtenu. Mais je crois qu'elle aurait aussi continué à se battre. Parce que le féminisme n'est pas un combat qui se termine lorsque l'on obtient un droit. C'est un combat qui consiste aussi à défendre les droits acquis et à continuer à en conquérir de nouveaux.
Les différentes affaires récentes ont montré combien les violences sexuelles restent profondément ancrées dans notre société. Alors oui, il faut continuer à parler. Continuer à témoigner. Continuer à se mobiliser. Continuer à transmettre.
Finalement, ce samedi soir, je n'ai pas seulement emmené ma fille voir une pièce sur la Première Guerre mondiale. Je lui ai raconté une histoire de femmes. L'histoire de celles qui, avant elle, ont commencé à faire bouger les lignes. Et peut-être qu'un jour, à son tour, elle racontera cette histoire à quelqu'un d'autre.
La Scène Libre
4, boulevard de Strasbourg, Paris 10e
Du mercredi au dimanche tout le mois de septembre





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